POUR PRÉSERVER LE CLIMAT : VIVE LE PLANCTON !

 

phytoplancton

Dans la lutte contre le réchauffement climatique, nos alliés précieux sont, dans le désordre : le vélo, le recyclage, l’isolation des maisons… et le phytoplancton !

Ces êtres vivants minuscules, dérivant au gré des courants océaniques, absorbent par photosynthèse d’énormes quantités de CO2. Bien que ce mécanisme soit d’une ampleur phénoménale – le phytoplancton consomme plus de la moitié du carbone atmosphérique mondial – il reste encore mal quantifié. Retour de mission polaire pour Nicolas Cassar, chercheur invité du LabEx MER1, après un mois passé à traquer ces microorganismes

L’expédition polaire ACE

De décembre 2016 à mars 2017, six chercheurs brestois2 se sont succédés à bord du brise-glace russe de la mission scientifique suisse ACE3 (Antarctic Circumnavigation Expedition) qui a sillonné l’océan austral. L’objectif ? Préciser le rôle majeur joué par le phytoplancton dans la régulation climatique. Les eaux de surface, et particulièrement celles de l’Antarctique, grouillent en effet de ces organismes qui métabolisent le CO2 atmosphérique. À leur mort, ils perdent leur flottabilité et chutent dans les fonds marins, emportant avec eux le CO2 assimilé qui ne sera relâché dans l’air qu’après des dizaines, des centaines, voire des milliers d’années, faisant des océans les plus importants puits à carbone de la planète.

Des milliers d’observations sur toute la mission

« Nous n’avons malheureusement qu’une vague idées des espèces de phytoplancton impliquées dans la pompe à carbone biologique » explique Nicolas Cassar, leader du projet de recherche franco-américain. Car oui, ces microorganismes sont d’une diversité extraordinaire ! Durant le mois écoulé, le chercheur a procédé à plusieurs centaines de prélèvements d’eau de mer depuis le bateau afin de mesurer le taux de CO2 métabolisé et d’identifier les espèces impliquées par analyses ADN.

Décrypter le rôle de l’océan dans le climat

Comprendre « qui fait quoi » dans le processus de la pompe à carbone biologique est primordial dans le contexte de changement climatique actuel. Environ 40% du carbone anthropogénique stocké dans les océans se trouve dans l’océan austral. Cet océan joue donc un rôle majeur dans le cycle global du carbone et la teneur en CO2 de l’atmosphère. Mais le réchauffement de la Terre influence directement ses courants, sa température, la répartition de ses nutriments… Autant de paramètres qui impactent et impacteront sans aucun doute la population de phytoplancton et de fait, la quantité de carbone stocké et le climat terrestre. Les trois mois de mission en Antarctique de l’équipe brestoise permettront d’effectuer plusieurs milliers d’observations pour décrypter les mécanismes de la pompe à carbone biologique, outils indispensables dans l’élaboration des modèles prédictifs climatiques.

 

1-Le LabEx MER est un laboratoire d’excellence regroupant près de 700 chercheurs (de 12 unités de recherche du grand ouest : Université de Bretagne occidentale (UBO), Université de Bretagne-Sud (UBS), Université de NantesIfremerCNRSIRD et École centrale Nantes.

2-Loïs Maignien, Yajuan Lin, Florient Trigodet, Clarisse Lemonnier, Hugo Berthelot

3-En tout, ce sont 55 chercheurs de 30 pays différents qui participent à cette expédition scientifique, organisée par l’Institut Polaire suisse et qui vise à mieux déterminer l’influence de l’homme sur l’océan Austral